En transférant des CD sur mon Ipod, j'écoutais Soile Isokoski dans les Vier letzte Lieder de Richard Strauss avec un immense plaisir: j'adore cette voix si pleine dans toute l'étendue du registre, toujours avec un legato et une prononciation parfaits. J'ai eu le bonheur de l'entendre à trois reprises en "live", pour utiliser ce mot à la mode: dans ces Vier letzte Lieder justement, en récital et à l'opéra dans Elsa de Lohengrin.
1) autobiographie romancée, St-Germain-des-Prés au sortir de la guerre: j'ai beaucoupe aimé ce texte, son style particulier (de très nombreuses phrases en forme interrogative, qui rendent bien cette période charnière de l'adolescence et du début de l'âge adulte et la période historique elle aussi pleine d'interrogations)
2) De cet auteur j'avais lu en 2006 le Demi-frère, vaste roman familial
Ici quatre copains fans des Beatles dans la Norvège des années 60, un très beau et vaste roman aussi, qui m'a accroché de la première à la dernière phrase. C'est le premier tome d'une trilogie dont les 2 suivants ne sont pas encore traduits en français...
3) Pour les 2 ou 3 lecteurs de GA qui, je le sais, aiment cet auteur, un petit texte de Jaccottet, une promendae comme souvent dans son oeuvre: un chef d'oeuvre de prose poétique, comme l'accomplissement de tout ce qu'il a cherché et écrit pendant sa carrière d'écrivain, un texte très élaboré mais qui semble tellement simple et évident
Extrait d'un entretien paru dans le quotidien suisse Le Temps de ce jour:
"-En venant à Lyon, vous soutenez un festival dédié au patrimoine du cinéma. Quelle est, pour vous, l’importance de ce patrimoine?
– Je trouve formidable de pouvoir soutenir une initiative éducative, qui complète la dimension uniquement divertissante du cinéma. Le cinéma est un domaine où nous sommes tous des étudiants perpétuels. Ce qui continue de me motiver à travailler dans ce domaine particulier, c’est justement qu’il est impossible de tout savoir, de tout connaître. On n’atteint jamais un point où le cinéaste pourrait, comme un chirurgien, dire qu’il maîtrise toutes les données et qu’il peut accomplir une opération en totale connaissance de cause. Au cinéma, ça n’existe pas: je peux vraiment dire que chaque film auquel je me suis attelé m’a appris quelque chose de nouveau, sur les films, mais aussi sur moi-même.
– Le Prix Lumière récompense, dans son intitulé, un cinéaste qui a toujours manifesté sa «fidélité à l’histoire du cinéma». Comment le comprenez-vous?
– Nous sommes tous, que nous le voulions ou non, influencés par ceux qui nous ont précédés. Bien sûr, il y a ce qu’on appelle les années formatrices, celles de l’adolescence, quand on regarde des films les genoux repliés sous le menton, souvent sans savoir qui est le réalisateur, avec peut-être simplement la conscience de qui sont les acteurs, parce que c’est probablement à cause de leur présence que vous regardez tel ou tel film plutôt qu’un autre. L’influence vous vient donc de gens que vous ne connaissez pas forcément. Et, c’est plus tard, seulement, que vous partez à leur recherche.[...]
– Vous souvenez-vous des premiers films que vous ayez vus?
– En fait, je me souviens surtout de ceux que j’ai vus dans des circonstances particulières. Par exemple, je me rappelle de la première fois où mon père et moi sommes allés au cinéma seuls, sans le reste de la famille: c’était pour voir Sergeant York d’Howard Hawks (1941).
– Qu’avez-vous ressenti en revoyant, lors de la cérémonie du Prix Lumière, des extraits de tous vos films?
– Plusieurs sentiments entremêlés. Il y a d’abord un malaise fondamental à revoir tant d’extraits: celui de se voir vieillir. Je me suis dit: «Bon dieu, je suis là depuis tellement longtemps! Peut-être est-il temps de m’arracher à tout ça!» Et puis, Bertrand Tavernier m’a rendu hommage lors de cette cérémonie en disant que, pour lui, tous mes films ont l’air d’être des premiers films. Dans un certain sens, il a raison: comme je l’ai dit, chaque projet est un défi inédit. En même temps, quand j’y pense, mon vrai premier film date d’il y a si longtemps (Un Frisson dans la nuit, 1971)…
– Et êtes-vous conscient d’avoir, au fil des décennies, construit une œuvre qui a sa place dans l’histoire du cinéma?
– (Gêné.) Disons que j’y travaille encore! (Rires.)
– Votre statut vous permet-il de monter des projets en toute liberté?
– En fait, il est toujours assez difficile pour moi de convaincre les producteurs et les studios, essentiellement sur les questions financières. J’ai connu des difficultés à faire comprendre que Mystic River était un projet intéressant. Et Million Dollar Baby a également été difficile à monter: ils pensaient que c’était juste un film sur une fille qui boxe. J’ai dû les convaincre longuement qu’il s’agissait en fait d’une histoire d’amour père-fille. Il est évidemment beaucoup plus facile de monter un projet à la mode. Les Etats-Unis ont en effet la fâcheuse tendance à uniquement reproduire les succès de la semaine, du mois, de l’année. Et les dirigeants de studios ne connaissent pas l’histoire du cinéma. Cela dit, je m’estime heureux parce que j’arrive à mes fins. Je n’ai jamais connu trop d’embûches. Mais j’ai parfois entendu des excuses complètement stupides: pour refuser Million Dollar Baby, un dirigeant de studio m’a répondu qu’il avait déjà un film de boxe en route. Et un autre m’a dit: «Nous ne faisons pas de drames.»
– Après avoir réussi un film, tel «Gran Torino», qu’est-ce qui vous motive à aller chercher dans une nouvelle direction?
– (Long silence.) Je pense qu’il est important de rebondir sur un nouveau projet en laissant parler ses tripes, son épiderme, tout plutôt que son cerveau. A trop intellectualiser un projet, celui-ci finit par rétrécir. On risque alors de rentrer les émotions au lieu de les sortir. Ainsi, le plus souvent, je tombe sur histoire, un livre, un scénario dans lesquels je sens simplement un concept intéressant, qui peut reposer sur une ou plusieurs idées ou points de vue. Pour Gran Torino, ça s’est avéré extraordinairement simple: c’est l’histoire d’un type étroit d’esprit, fermé sur lui-même, qui s’ouvre progressivement au monde. Et s’ouvrir au monde, pour lui, c’est accepter ses voisins. Ça paraît basique, très simple et, de fait, beaucoup de gens dans le monde sont comme ce personnage. Mon point d’accroche a été de développer, sur ce récit simplissime, l’idée selon laquelle on apprend à tout âge. Même vieux, on peut apprendre à s’ouvrir. Je dirais même qu’on se doit de le faire!
plusieurs fois entendu au vol à la radio sans arriver à savoir quel groupe chantait
et cet après-midi enfin pu saisir leur nom, d'où google, youtube et Itunes
les voilà ici et sur mon Ipod